Programme de SNT · Thème 3 sur 7
Les réseaux sociaux en SNT : le thème où la classe parle
C'est le seul thème sur lequel les élèves en savent plus que moi en pratique, et bien moins en principe. Je le traite d'un point de vue social plutôt que technique : à qui appartient ce qu'on publie, qui paie, ce que le réseau sait de nous, et ce qu'on fait quand ça dérape.
Ce que demande le programme
Le programme officiel attend, pour le thème Les réseaux sociaux :
- des repères historiques et un panorama des réseaux existants, avec leurs usages ;
- l'identité numérique et l'e-réputation ;
- le modèle économique : gratuité apparente, publicité ciblée, données personnelles ;
- la notion de graphe : sommets, arêtes, rayon, diamètre, centre, et l'expérience du « petit monde » (six degrés de séparation) ;
- la cyberviolence : formes, conséquences, recours, avec un volet juridique.
Comment je le traite en classe
Quatre semaines, dont une séance entière de débat. Je commence par une question simple : combien ça coûte, un réseau social ? Les élèves répondent « rien ». On remonte alors la chaîne : les serveurs, les salariés, la publicité, le temps passé, les données. À la fin de l'heure, la phrase « si c'est gratuit, c'est vous le produit » n'est plus un slogan mais une comptabilité.
La séance sur les graphes est la plus technique du thème et j'ai fini par la raccourcir. Calculer le diamètre d'un graphe à la main n'apprend pas grand-chose à un élève de seconde. En revanche, comprendre qu'il suffit de quelques relations pour relier deux inconnus, et le vérifier sur un petit graphe dessiné au tableau à partir de la classe elle-même (prénoms remplacés par des lettres), reste pour l'année.
La séance de débat
Une heure en classe entière, sur un sujet tiré au sort parmi ceux préparés : faut-il interdire les réseaux sociaux avant 15 ans, un employeur a-t-il le droit de regarder vos profils, faut-il supprimer l'anonymat. Deux camps, un temps de préparation, un temps de parole cadré, puis un retour sur ce que le débat a montré. Les notes enseignant fournies détaillent le cadrage, qui est la seule chose qui distingue un débat d'un brouhaha.
J'ai raconté comment cette séance s'est mise en place dans traiter les réseaux sociaux en SNT.
La cyberviolence
Je la traite en dernier, quand la classe a l'habitude de parler. Formes (moqueries, exclusion, diffusion d'images, usurpation), effets, et surtout ce qu'on fait : à qui s'adresser dans le lycée, le numéro 3018, ce que dit la loi. Aucune situation vécue n'est évoquée nommément en classe. En revanche, chaque année, un ou deux élèves viennent me voir après. Cette séance sert à ça. J'en dis plus dans l'article sur le harcèlement scolaire.
Ce qui coince
Les exemples qui vieillissent. Le réseau à la mode change tous les deux ans. Je laisse les élèves fournir les exemples et je garde les principes, qui ne bougent pas.
La tentation de moraliser. Une classe de seconde repère un sermon en dix secondes et décroche. Les faits (le modèle économique, les chiffres, la loi) font plus d'effet que les recommandations.
Questions fréquentes
Faut-il créer des comptes en classe ?
Non, et je ne le recommande pas. Tout le thème se traite sans connexion à un réseau social, à partir de captures, de documents et de la connaissance qu'en ont déjà les élèves.
Combien de temps sur les graphes ?
Une séance, exercices compris. Le programme demande de connaître le vocabulaire et de le mettre en œuvre sur un petit exemple, pas de faire de la théorie des graphes.
Pour aller plus loin