Programme de SNT · Thème 2 sur 7
Le Web en SNT : une page est du texte qu'on écrit
Les élèves utilisent le web depuis l'enfance sans avoir jamais vu une ligne de HTML. Le thème sert à ouvrir le capot : ce qu'est une URL, ce que fait le navigateur quand on appuie sur Entrée, comment un moteur de recherche classe les résultats, et ce que le site en face apprend sur nous.
Ce que demande le programme
Le programme officiel attend, pour le thème Le Web :
- des repères historiques : Tim Berners-Lee au CERN, 1989-1991, le premier navigateur, la standardisation ;
- la structure d'une URL et le rôle du protocole HTTP (requête, réponse, sécurisation en HTTPS) ;
- les langages HTML (structure) et CSS (présentation), et la possibilité de modifier une page simple ;
- le fonctionnement d'un moteur de recherche : exploration, indexation, classement, et la différence entre résultats et publicité ;
- les paramètres de confidentialité du navigateur, les cookies, l'historique, et quelques notions juridiques (droit d'auteur, RGPD).
Comment je le traite en classe
Cinq semaines, dont un TP HTML/CSS sur deux séances. Le premier cours décortique une URL choisie par les élèves, morceau par morceau : protocole, nom de domaine, chemin, paramètres. Puis on regarde ce que renvoie réellement le serveur, en ouvrant le code source d'une page qu'ils connaissent. La surprise est toujours la même : c'est du texte, et il est lisible.
Le cours sur les moteurs de recherche est celui qui change le plus leurs habitudes. On cherche la même chose sur deux moteurs, on compare, on identifie les annonces, on discute de ce qui fait qu'une page arrive première. Une classe qui a compris le principe du classement lit ensuite les résultats autrement, y compris pour ses propres recherches scolaires.
Le TP HTML/CSS
Deux séances en demi-groupe. La première construit une page à partir d'un squelette fourni : titres, paragraphes, une image, un lien. La seconde ajoute une feuille de style, et c'est là que les élèves accrochent, parce que les couleurs et la mise en page sont immédiatement visibles. Le corrigé complet est fourni, et le squelette évite de perdre la première demi-heure sur la syntaxe.
Je ne vise pas qu'ils sachent écrire du HTML de mémoire. Je vise qu'ils sachent qu'une page web est un fichier texte, que le navigateur l'interprète, et qu'ils peuvent en modifier une. L'article pourquoi apprendre le développement web au lycée développe ce choix.
Vie privée dans le navigateur
La dernière séance du thème produit des effets immédiats. On ouvre les paramètres du navigateur, on regarde les cookies stockés, l'historique, les autorisations données aux sites (micro, caméra, position). Chaque élève repart avec deux ou trois réglages modifiés sur son propre téléphone. C'est la séance dont les parents m'écrivent le plus.
Règle que je m'impose : je ne montre que mes propres données. Jamais l'historique ou les cookies d'un élève, même volontaire.
Ce qui coince
Les éditeurs en ligne qui changent. Une interface validée en septembre n'est plus la même en mars. Je teste la veille de chaque TP et je garde une version hors ligne (un simple éditeur de texte et le navigateur suffisent).
La différence HTML / CSS. Les élèves mélangent longtemps les deux. Le mot qui aide : le HTML dit ce que c'est (un titre, une liste), le CSS dit à quoi ça ressemble.
Questions fréquentes
Quel outil pour le TP HTML/CSS ?
N'importe quel éditeur de texte et un navigateur. Les éditeurs en ligne sont pratiques mais ajoutent une dépendance au réseau du lycée et une interface qui bouge. Le TP fourni fonctionne avec les deux.
Faut-il aller jusqu'au JavaScript ?
Non. Le programme s'arrête à HTML et CSS, et la programmation attendue en SNT est en Python. Un élève curieux peut aller plus loin seul ; la classe n'a pas le temps.
Pour aller plus loin