Programme de SNT · Thème 1 sur 7

Internet en SNT : comprendre le réseau avant le reste

C'est le thème par lequel je commence l'année, parce qu'il fournit le vocabulaire de tous les autres : adresse, paquet, serveur, protocole. Un élève qui a compris comment un message traverse le réseau comprend ensuite le web, les données et la géolocalisation sans effort.

Ce que demande le programme

Le programme officiel de SNT attend, pour le thème Internet :

  • le protocole TCP/IP : découpage en paquets, routage, adresses IP ;
  • les adresses symboliques et le DNS : comment un nom de domaine devient une adresse ;
  • les réseaux pair à pair, par opposition au modèle client-serveur ;
  • l'indépendance d'Internet par rapport au réseau physique qui le porte (cuivre, fibre, radio, satellite) ;
  • quelques repères historiques (ARPANET, 1969 ; TCP/IP, 1983 ; ouverture au grand public dans les années 1990) et l'impact environnemental du réseau.

Le mot-clé, c'est principe. Le programme demande de distinguer le rôle d'IP et de TCP, de décrire le routage sur un réseau simple, d'expliquer pourquoi la transmission est fiable mais sans garantie de délai. Pas de configurer quoi que ce soit.

Comment je le traite en classe

Cinq semaines, dont deux TP en demi-groupe. Le premier cours part d'une question que les élèves n'ont jamais posée : quand j'envoie un message, par où passe-t-il ? La réponse honnête (par des dizaines de machines qu'on ne connaît pas, en morceaux, par des chemins différents) surprend tout le monde, et elle donne le fil de tout le thème.

Le moment qui marche le mieux est une activité de réseau décentralisé faite avec la classe entière, sans ordinateur. Chaque élève est une machine, quelques-uns sont des routeurs, un message doit traverser la salle en paquets numérotés. On casse un routeur en cours de route : le message passe quand même. Trois minutes de chaos, puis la notion de routage est acquise pour l'année. C'est cette séance que contient le cours gratuit proposé sur ce site.

Élèves de seconde debout dans la classe, faisant circuler des messages en papier pour simuler le routage des paquets sur Internet
L'activité de réseau décentralisé : la classe devient le réseau, et le routage cesse d'être abstrait.

Les deux TP

Le premier TP traite le binaire : compter en base 2, convertir, comprendre qu'une adresse IP est quatre nombres sur huit bits. C'est le seul endroit du programme où le binaire est vraiment utile, et je préfère le faire là plutôt que comme un chapitre isolé.

Le second porte sur le routage et le DNS : lire une table de routage simplifiée, suivre un paquet sur un schéma de réseau, puis interroger un vrai serveur DNS depuis le poste avec les outils du système. Les élèves voient que le nom du lycée, de leur jeu ou de leur réseau social correspond à une adresse, et que quelqu'un tient l'annuaire.

Ce qui coince, et ce que j'ai changé

La confusion Internet / web. Elle est totale au départ et elle revient tout le thème suivant. Je la traite frontalement dès la première heure : Internet est le réseau, le web est un service qui y circule, comme le courrier électronique ou les jeux en ligne.

L'impact environnemental. Les chiffres circulent partout, souvent faux d'un ordre de grandeur. Je m'en tiens à des comparaisons simples (un centre de données, un lycée, une ville) et je passe du temps sur ce que les élèves peuvent constater eux-mêmes : la chaleur d'un téléphone en streaming, la consommation d'une vidéo en 4K contre en 480p.

Le pair à pair. Les élèves l'associent au piratage. C'est l'occasion d'expliquer que la technique est neutre, que le même principe sert aux mises à jour de leurs jeux, et de poser calmement la question du droit d'auteur.

Questions fréquentes

Faut-il faire le binaire en SNT ?

Le programme ne l'exige pas en tant que tel, mais il est difficile de parler d'adresse IP sans lui. Une séance suffit, à condition de la rattacher immédiatement à un usage.

Quelle durée pour ce thème ?

Je lui consacre cinq semaines en début d'année, TP compris. C'est plus que la moyenne des thèmes, et c'est voulu : tout le reste s'y raccroche.

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