La visio
Enseigner en visio, je l'ai fait à partir de mi-mars et du confinement. Tout d'abord, j'ai hésité entre deux options :
- faire en visio les mêmes cours que je dispense en présentiel ;
- faire des cours différents, à base de travaux à rendre.
La première option présente l'avantage de maintenir le contact avec les élèves en les voyant régulièrement, mais a des inconvénients dont je parlerai plus loin. La seconde présente l'avantage que chacun avance à son rythme, mais on y perd les échanges visuels avec ses élèves.
Malgré ma réticence, mon lycée m'a demandé de réaliser des cours en visio, dans l'idée de faire perdurer ce que nous faisions en classe. Un rendez-vous fixe avec des cours ludiques et des exercices à faire en direct : parfait sur le papier.
Dans la pratique : il manquait beaucoup d'élèves pour faire de la SNT. Des classes remplies à 80 %, parfois 50 %, et des élèves présents dont on ne peut contrôler l'attention, étant donné que tous n'ont pas de webcam. L'ensemble de mes collègues ayant expérimenté le même phénomène, tous se sont repliés sur la seconde option.
Donner des cours sans voir ses élèves
Le vrai casse-tête : vous savez pertinemment que bon nombre d'élèves se moqueront totalement des cours que vous leur enverrez. C'est comme ça, il faut faire avec et essayer de les motiver plus que les autres.
J'ai donc réalisé des PDF qui condensaient les cours que je devais dispenser en classe, pour qu'ils soient lisibles et compréhensibles par tous. À ces cours, j'associais des exercices à rendre ainsi que des quiz ludiques que je créais en ligne. Le reste du temps, je dialoguais avec les élèves via le chat de Pronote pour leur apporter conseils et présence, et pour leur demander si tout se passait bien pour eux.
J'ai eu un taux de retour de 85 % sur l'ensemble de mes classes, en prenant soin de bien relancer les élèves pour qu'ils n'oublient pas de me rendre le travail.
Le bilan
Soyons honnêtes et évitons la langue de bois consistant à laisser penser que le confinement n'a pas empêché la continuité pédagogique : pour la SNT, et pour mon style de cours très dynamique et interactif, nous y avons perdu beaucoup.
Les élèves ne sont pas très motivés à lire des cours et à travailler de chez eux à plein temps. Ils ont besoin du présentiel pour capter la motivation que nous tentons de leur transmettre.
La visio pourrait être le bon remède, mais pas à cet âge-là. De ces trois mois, la meilleure solution reste, à mon sens, le travail individuel à partir des cours transmis par le professeur, avec un contrôle de qui rend quoi.